Déplacement‎ > ‎

3- Voie Centrale Banalisée

Etat des lieux :

La chaussée doit être partagée par tous les usagers qu'ils soient à vélo ou en voiture. Il existe des règles de priorité et de sécurité. Malheureusement, ces règles ne sont pas matérialisées sur la chaussée et les plus vulnérables, les cyclistes, restent fortement exposés aux dangers de la circulation automobile. C'est ainsi, un frein à toute tentative de développement du vélo comme moyen de transport au quotidien.

Le fait de disposer de routes découpées en 2 couloirs à sens unique, séparés par une ligne continue ou discontinue, ne favorise pas le respect des règles de sécurité. Ces 2 couloirs ont généralement d'une largeur proche de celle d'une voiture. Lorsqu'un automobiliste est dans son couloir, il n'a à priori aucune raison de faire attention à ce qui se passe sur le couloir de gauche. Tant qu'il n'a personne devant lui, il peut rouler, au maximum de la vitesse autorisée, sans se préoccuper du reste du monde. Lancé à pleine vitesse, si un vélo se trouve dans son couloir, son comportement ne peut être prédit à l'avance.

Dans le meilleur des cas, il sera sur une ligne droite, aura vu le cycliste depuis longtemps, bénéficiera d'une voie dégagée en sens inverse et pourra ainsi dépasser le cycliste sans même ralentir en passant sur le couloir d'en face.

Dans la plupart des cas, on observe plus généralement des automobilistes qui supportent plutôt mal de devoir ralentir à cause d'un intrus qui circule sur une voie qu'ils pensent leur être réservée. Ils dépassent les cyclistes quelque soit la place disponible, réduisant à peine leur vitesse, ne respectant pas les distances de sécurité.

Dans de trop nombreuses situations, quotidiennement, les automobilistes frôlent les cyclistes et les effraient à coups de klaxon et de gestes de mécontentement.

Les routes périphériques des communes sont les portions de circulation automobiles les plus dangereuses, les plus accidentogènes. La circulation y est dense, l'ensemble des usagers y sont présents et la différence de vitesses entre les usagers y est très importante.

Définition :

La voie centrale banalisée propose un découpage différent de la chaussée. Au lieu d'avoir un découpage en 2 couloirs séparés par une ligne continue ou discontinue, la chaussée est découpée en 3. Ces 3 voies sont séparées par une ligne discontinue franchissable. La voie de gauche et la voie de droite ont une largeur normalisée proche de 1.5 mètres. La voie centrale a donc une largeur équivalente à la largeur totale de la chaussée existante moins 3 mètres.


Fonctionnement :

La voie centrale est banalisée. Cela signifie qu'elle n'est pas dédiée à un sens de circulation plutôt qu'à un autre. Concrètement, lorsque l'automobiliste est seul, il roule sur cette voie centrale. Lorsqu'une voiture arrive en sens inverse, le croisement n'étant parfois pas possible sur cette seule voie centrale, les 2 automobilistes sont autorisés à franchir la ligne discontinue de part et d'autre de la voie centrale banalisée pour utiliser toute la largeur de la chaussée.

Lorsqu'un vélo est sur la chaussée, il doit emprunter la voie latérale de droite.

Pour doubler le cycliste, l'automobiliste doit respecter ce couloir latéral comme espace de vie du cycliste. Pour le dépasser, il doit utiliser la voie centrale et donc vérifier qu'aucun véhicule n'arrive en face pour pouvoir effectuer la manœuvre.

Effets sur les comportements :

La sécurité du cycliste, le plus vulnérable des usagers (exception faite des piétons pour lesquels il existe d'autres types d'aménagement comme les trottoirs), est ainsi matérialisée. Les usagers ont ainsi pleinement conscience des limites à ne pas dépasser, des distances à respecter. Le sentiment de sécurité des cyclistes est renforcé, ce qui a inévitablement un impact positif sur le développement de l'usage du vélo comme mode de transport alternatif à l'utilisation de la voiture.

Avec la voie centrale banalisée, les automobilistes perçoivent qu'ils sont sur un espace partagé. Indirectement, la vitesse automobile est ralentie à l'approche d'un autre usager ou d'un virage pour lequel le champ de vision est réduit. Ils n'ont plus de couloir où il peuvent s'imposer sur les plus vulnérables au risque de les blesser.

Avantages :

Elle s'applique à toutes les largeurs de route et tout particulièrement aux axes les plus étroits.

Elle nécessite peu de modification de la chaussée. Dans la plupart des cas, seul le marquage au sol est à réaliser.

Suivant les observations qui sont faites, elle permet une baisse de la vitesse moyenne des voitures.

Elle est une solution particulièrement attrayante sur les routes périphériques des communes. Elle permet de promouvoir le vélo comme moyen de transport pour joindre les quartiers résidentiels et le centre des communes ou les commerces.

Souvent, les pistes cyclables ne sont pas nettoyées, rendant leur utilisation délicate (risque de crevaison, risque de glissade, etc). La voie centrale banalisée permet d'avoir des pistes cyclables propres car régulièrement utilisées par les voitures pour se croiser.

Un modèle qui a fait ses preuves :

On trouve cet aménagement dans tous les pays qui favorisent la pratique du vélo. Il est entre autre généralisé depuis de nombreuses années en Suisse, en Autriche, aux Pays Bas, en Allemagne. Il commence à apparaitre en France sur certaines communes.

Voilà donc une mesure à généraliser !
Comments